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Accepter Déclin
42 minutes pour lire Par  E.LascellesJ.Nye 14 janvier 2026

– Avec la contribution de Vivien Lee et d’Aaron Ma

Mise à jour des perspectives

Nos dernières perspectives économiques trimestrielles sont maintenant disponibles en ligne, sous le titre « Des vents favorables à l’horizon » Elles font partie du rapport Regard sur les placements mondiaux, qui présente non seulement des prévisions sur le produit intérieur brut (PIB) et l’indice des prix à la consommation (IPC), mais aussi des points de vue sur de nombreux marchés.

Principaux événements

Plusieurs événements importants pour la macroéconomie et le marché devraient se produire très bientôt. Passons-les en revue.

Prochain président de la Réserve fédérale

Le président Trump a déclaré qu’il nommerait le prochain président de la Réserve fédérale (Fed) au début de 2026. Il a même laissé entendre qu’il avait déjà fait son choix, bien que les entrevues soient apparemment toujours en cours.

Le mandat du président Powell prend fin à la mi-mai et la procédure habituelle consiste à désigner un successeur plusieurs mois à l’avance afin de permettre au Sénat de confirmer la nomination. Comme la fin du mandat de Stephen Miran, à la fin de janvier, laissera un siège vacant au Conseil des gouverneurs de la Fed, la personne choisie par M. Trump pourrait même se joindre au Conseil avant d’accéder à la présidence.

Quatre candidats auraient été présélectionnés. Nous vous les présentons ici selon leurs cotes actuelles sur les marchés des paris :

  • Kevin Hassett (42 %) était le favori (selon les marchés des paris) au début de décembre, jusqu’à ce que M. Trump affirme que M. Warsh figurait également en tête de liste. En tant que directeur du Conseil économique national, M. Hassett fait déjà partie du gouvernement et semble être celui qui partage le plus la vision du président en ce qui concerne la politique monétaire. Pour cette raison, il est sans doute le candidat le plus conciliant et le plus susceptible de soulever des préoccupations au sujet de l’indépendance de la Fed. Cette combinaison pourrait à tout le moins avoir pour effet d’accentuer la courbe des taux, avec des prévisions de baisse des taux d’intérêt à court terme et une hausse de la prime d’inflation pour les titres à long terme.

  • Kevin Warsh (38 %) a toujours été un partisan de la ligne dure en matière d’inflation. Il s’est opposé à l’assouplissement quantitatif lorsqu’il siégeait au Comité fédéral de l’open market de 2006 à 2011. Récemment, cependant, il s’est prononcé en faveur d’une baisse des taux d’intérêt. Il peut sembler un peu moins conciliant et moins politisé que M. Hassett – qui prône un léger aplatissement de la courbe –, mais il se montre ferme en matière de bilan, ce qui pourrait exercer des pressions à la hausse sur les taux à long terme.

  • Christophe Waller (9 %) est déjà membre du conseil de la Fed ; il a été nommé par M. Trump en 2020. Il a généralement voté du côté de la majorité, sauf en mars 2025, quand il s’est opposé au ralentissement du resserrement quantitatif et en juillet 2025, quand il a soutenu une baisse des taux. Toutefois, contrairement à Stephen Miran (qui a été nommé plus récemment par Donald Trump), M. Waller ne s’est pas écarté de la majorité pour appuyer des baisses de taux plus importantes à la fin de l’année dernière. En ce sens, M. Waller n’est pas excessivement conciliant et sa position actuelle au sein de la Fed fait sans doute de lui un candidat plus traditionnel.

  • Rick Rieder (6 %) est le chef des placements de BlackRock. Il a déjà agi à titre de conseiller auprès de la Fed et a été membre du comité des emprunts du Trésor américain.

Même si la personne désignée par M. Trump appuiera assurément une certaine diminution des taux d’intérêt, aucun de ces candidats ne se distingue par son ton extrêmement conciliant ni ne représente une menace importante pour la crédibilité de la Fed. Ils ont tous une solide expérience en économie et en finances, et jouissent généralement d’une bonne réputation dans les milieux des placements et de l’élaboration de politiques. Cela dit, il est difficile de ne pas voir une politisation du prochain président de la Fed, étant donné que M. Trump exhorte la banque centrale à abaisser les taux et menace son indépendance.

Ces menaces ont monté d’un cran en janvier, lorsque le département de la Justice a cité la Fed à comparaître devant un grand jury. Cette sommation a renforcé la possibilité d’une mise en accusation criminelle après le témoignage de M. Powell devant le Comité des banques du Sénat en juin 2025 (à propos des rénovations réalisées au siège de la Fed).

M. Powell a réagi de façon inhabituellement franche. Il a qualifié l’enjeu des rénovations et les témoignages de « prétexte » et affirmé que la menace d’accusations criminelles est attribuable au fait que la Fed ne se plie pas aux préférences du président en matière de politique monétaire.

Un certain nombre de sénateurs républicains ont exprimé leur soutien à M. Powell, et l’un des membres du Comité des banques a indiqué qu’il suspendrait toute nomination à la Fed (y compris celle du successeur de M. Powell) jusqu’à ce que la question soit résolue. Cette opposition a contribué à atténuer la réaction du marché à la mise en accusation, qui a été de vendre les titres américains (hausse des taux obligataires, et baisse du dollar américain et des actions). M. Trump semble se distancier de l’enquête, affirmant qu’il ne sait rien sur les citations à comparaître.

Il est encourageant de constater que des freins et contrepoids existent toujours au sein du système politique américain. Il apparaît aussi que les marchés financiers ont la capacité de freiner l’élan du pouvoir exécutif.

Le nouveau ton combatif adopté par M. Powell laisse entendre qu’il ne quittera pas le conseil d’administration de la Fed à la fin de son mandat de président en mai. De plus, il a tout à fait le droit de continuer de siéger au Comité fédéral de l’open market jusqu’en 2028. Il existe à cet égard un précédent historique, bien que cela soit inhabituel. Advenant qu’il exerce ce droit et que la Cour suprême n’autorise pas le congédiement de Lisa Cook par M. Trump, les membres nommés par ce dernier seraient en minorité au sein du conseil d’administration de la Fed, et la marge de manœuvre de Washington pour influencer la politique monétaire s’en trouverait limitée.

- JN

Décision de la Cour suprême sur les droits de douane

La Cour suprême des États-Unis devrait statuer sur le sort des droits de douane imposés en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques internationaux d’urgence (IEEPA) très bientôt, possiblement dans les prochains jours ou les prochaines semaines (les dates les plus probables étant le 14, le 16, le 23 ou le 30 janvier). Les marchés des paris s’attendent fortement à ce que ces surtaxes, qui correspondent à des droits uniformes appliqués à l’ensemble des exportations d’un pays vers les États-Unis, soient annulées.

Peu importe qu’un pays ait conclu une entente forfaitaire avec les États-Unis : ces accords n’ont pas été approuvés par le Congrès et restent donc assujettis à l’IEEPA.

Si cette hypothèse se confirme, on pourrait assister à une brève période d’incertitude, voire à une reconstitution des stocks. Cela dit, dans les faits, les États-Unis peuvent introduire presque instantanément des droits de douane temporaires de 15 %, puis, après quelques recherches et audiences obligatoires, prescrire à une date ultérieure le taux de leur choix. En conséquence, la Maison-Blanche devrait pouvoir atteindre ses objectifs, même sans la commodité des droits de douane imposés en vertu de l’IEEPA.

Par ailleurs, la rumeur court que la Cour suprême pourrait exiger du gouvernement fédéral qu’il rembourse les entreprises pour les droits de douane qu’elles ont payés. Cela semble néanmoins très peu probable, les marchés des paris estimant cette possibilité à tout au plus 1 %. Une telle décision aurait des répercussions chaotiques, car la plupart des entreprises ont refilé au moins une partie de la facture à d’autres maillons de la chaîne logistique et qu’aucune stratégie de compensation adéquate des autres parties n’a été déterminée.

Encore un risque de paralysie budgétaire

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le gouvernement américain pourrait à nouveau se retrouver paralysé le 31 janvier. Seulement trois des douze postes budgétaires ont été financés pour l’ensemble de l’exercice. Les neuf autres arrivent à échéance ce mois-ci.

Heureusement, le risque que cela se produise est assez faible. En fait, il a diminué, passant de près de 40 % à la mi-décembre à 26 % aujourd’hui (bien qu’il soit légèrement reparti à la hausse selon Polymarket). Les démocrates ne semblent plus vouloir jouer des poings.

S’il y a une autre paralysie, celle-ci devrait être de courte durée, pour la bonne raison que la tolérance de la population et des travailleurs essentiels a ses limites.

Achats de titres adossés à des créances hypothécaires

Le 8 janvier, le président Trump a annoncé qu’il avait demandé à Fannie Mae et Freddie Mac – deux institutions financières spécialisées d’intérêt public – d’acheter pour 200 milliards de dollars américains de titres adossés à des créances hypothécaires. Cette mesure vise à réduire les taux hypothécaires afin de stimuler le marché immobilier.

Une certaine mise en contexte à ce sujet s’impose.

  1. Il semble que ces entités achetaient déjà des obligations hypothécaires au second semestre de 2025 (la taille de leur portefeuille ayant augmenté de 69 milliards de dollars américains depuis la fin de mai 2025). Il ne s’agit donc pas de quelque chose de nouveau.

  2. Les 200 milliards de dollars américains représentent un peu moins de 2 % du marché des titres adossés à des créances hypothécaires aux États-Unis, soit une part importante, mais pas suffisante pour changer la donne. Théoriquement, on pourrait s’attendre à ce que les taux hypothécaires baissent de l’ordre de 10 points de base plutôt que de plusieurs points de pourcentage. Fait encourageant, le taux hypothécaire à 30 ans aux États-Unis a quelque peu diminué ces derniers mois, alors même que les rendements en revenu des bons du Trésor à 10 ans et à 30 ans sous-jacents sont restés stables ou ont augmenté.

Enfin, dans l’ensemble, cette mesure ne devrait pas avoir un effet catalyseur majeur, mais elle est susceptible de contribuer à améliorer légèrement la situation du marché immobilier.

Des élections au Japon ?

Le Japon semble sur le point de déclencher des élections anticipées qui auraient lieu le 8 ou le 15 février. Autrement, les élections pourraient reportées jusqu’en octobre 2028.

Le Parti libéral-démocrate (PLD) s’en remet de toute évidence aux sondages qui lui attribuent un appui considérable. Il espère peut-être même obtenir une majorité à la Chambre des représentants plutôt que de continuer à dépendre de partenaires de la coalition.

En outre, des élections conféreraient un mandat clair à la nouvelle première ministre Takaichi et soutiendraient ses efforts en faveur de la croissance et du marché, passant notamment par une politique monétaire relativement accommodante et des mesures de relance budgétaire. Cela aurait vraisemblablement un effet négatif sur le yen et positif sur le marché boursier, et entraînerait une accentuation de la courbe des taux.

Soulignons toutefois que l’absence d’une majorité à la Chambre haute devrait limiter tout élan politique excessif. Rappelons que le PLD gouverne avec le soutien de son partenaire de coalition, le Komeito).

– EL

Décapitation du Venezuela

Le changement de régime au Venezuela devait faire partie de notre liste des principaux événements, mais l’intervention des États-Unis a de lourdes conséquences que nous étudions dans la présente publication. Reportez-vous aussi à notre discussion générale du 16 décembre au sujet de la version actualisée de la doctrine Monroe du président Trump qui touche l’ensemble de l’hémisphère occidental, et notamment à la prophétie selon laquelle Washington pourrait bientôt chercher à imposer un changement de régime au pays.

Le terme « décapitation » décrit sans doute le mieux ce qui s’est produit le 3 janvier, lorsque le président vénézuélien Maduro a été capturé dans le cadre d’une opération militaire américaine et emmené aux États-Unis afin d’y être mis en accusation. Ce n’est pas tout à fait le changement de régime complet auquel on pouvait s’attendre : le parti politique de M. Maduro demeure au pouvoir et son ancienne numéro deux, Delcy Rodriguez, est maintenant aux commandes. En théorie, ce sont désormais les États-Unis qui prennent les décisions, et la pérennité de Mme Rodriguez comme cheffe d’État dépendra en grande partie de son respect des ordres de l’administration américaine. Les États-Unis ont déclaré qu’ils dirigeraient le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition ordonnée du pouvoir ait lieu à une date ultérieure.

Qu’est-ce qui a motivé le passage à l’acte de Washington ? Plusieurs choses :

  • Depuis peu, la politique étrangère du président Trump se concentre sur l’hémisphère occidental. De plus, la Maison-Blanche semble passer rapidement d’une approche isolationniste à une approche interventionniste (voire expansionniste, dans le contexte des ambitions non équivoques à l’égard du Groenland).

  • Le Venezuela est depuis longtemps un État paria au sein de l’hémisphère occidental, entretenant des liens étroits avec la Chine, Cuba, la Russie et l’Iran. Du point de vue américain, un changement de régime pourrait utilement réinitialiser les relations avec le Venezuela. Certains avancent que la prise de contrôle du pays pourrait même avoir un effet domino susceptible de provoquer la chute du gouvernement communiste cubain si celui-ci ne peut plus compter sur le pétrole vénézuélien bon marché.

  • Selon de nombreux observateurs indépendants, les deux dernières élections du Venezuela ont été frauduleuses, ce qui laisse entendre que le gouvernement socialiste du PSUV en place est illégitime. Cela dit, les États-Unis refusent encore de donner le pouvoir aux gagnants légitimes.

  • Le Venezuela a nationalisé les actifs pétroliers du pays dans les années 2000, y compris les actifs de sociétés américaines, et la Maison-Blanche semble maintenant résolue à les récupérer.

  • Il est indéniable que l’économie du pays a été mal gérée, le PIB par habitant ayant dramatiquement reculé de 72 % depuis 2013 (voir le graphique suivant). Cette situation découle en partie d’une mauvaise gestion économique, mais aussi des sanctions de plus en plus sévères qui ont été imposées en 2015, 2017 et 2019.

  • Les problèmes du Venezuela ont débordé dans les pays voisins : à la fin de 2024, 7,9 millions de réfugiés, de migrants et de demandeurs d’asile avaient quitté le pays. Une stabilisation du Venezuela pourrait être avantageuse pour les pays voisins, voire aider les États-Unis dans leurs efforts pour limiter l’immigration illégale.

  • En ce qui concerne M. Maduro, la Maison-Blanche a présenté son opération militaire comme une campagne contre le trafic de stupéfiants en alléguant l’implication de hauts responsables du gouvernement, dont M. Maduro.

Période d’instabilité

Comme c’est souvent le cas lors d’un changement de régime, il y aura une période d’instabilité.

Les perturbations pourraient être moins importantes si le parti au pouvoir parvient à opérer une transition en douceur vers une politique proaméricaine.

Mais il reste à savoir dans quelle mesure le gouvernement sera enclin à suivre une politique impliquant une remise en cause de ses croyances fondamentales, si l’armée est prête à suivre le nouveau président, et quelle sera la réaction de l’armée de l’ombre (groupes civils armés en faveur du gouvernement). On ne sait pas non plus si les États-Unis sont prêts à déployer des forces armées sur le terrain, ce qui est généralement nécessaire pour diriger un pays. À cet égard, comment les sociétés pétrolières américaines souhaitant revenir sur le marché seront-elles protégées, compte tenu des rumeurs selon lesquelles des collectifs civils font maintenant la chasse aux Américains ?

Disons simplement qu’il est rare que les interventions militaires des États-Unis à l’étranger se soldent par un résultat stable et positif sur le plan politique et économique. L’Allemagne et le Japon ont fait exception après la Seconde Guerre mondiale, tout comme la Corée du Sud après la guerre de Corée et peut-être le Panama en 1989. Cependant, les interventions américaines plus récentes en Irak et en Afghanistan n’ont pas mené aux transformations souhaitées, tandis que les interventions américaines dans les années 1980 au Nicaragua, au Salvador, au Guatemala et au Honduras ont plutôt été des échecs.

Il est donc loin d’être certain que les récents événements aient des retombées politiques ou économiques positives. D’un autre côté, dans une perspective à plus long terme, il est difficile de concevoir que l’économie se portera beaucoup moins bien qu’au cours de la dernière décennie.

Conséquences pour le pétrole

D’un point de vue économique, le prix du pétrole revient toujours au centre de la scène quand le Venezuela fait les manchettes. Fait incroyable, le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde (voir le graphique suivant). Toutefois, en raison des sanctions, d’une piètre gouvernance, de l’insuffisance des investissements et de la dégradation du capital humain, le pays produit actuellement un peu moins de 1 million de barils de pétrole par jour, comparativement à 3 millions environ au début du millénaire. Le Venezuela est donc très loin derrière le pays qui détient les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole, à savoir l’Arabie saoudite, qui produit 10 millions de barils par jour.

À court terme, le prix du pétrole devrait-il augmenter ou diminuer ? Tout dépendra de l’augmentation ou de la diminution de l’offre de pétrole vénézuélien. Les perspectives sont étonnamment nébuleuses.

Si les États-Unis levaient leurs sanctions et leur embargo, la production de pétrole vénézuélien pourrait assez vite rebondir de quelques centaines de milliers de barils par jour, ce qui entraînerait tout au plus un repli des prix mondiaux d’un dollar ou deux par baril. Il semble que les revenus additionnels bénéficieraient surtout aux États-Unis, compte tenu de la compatibilité de leurs raffineries et des prévisions selon lesquelles les États-Unis s’approprieront d’une production de pétrole vénézuélien de 30 à 50 millions de barils au fil du temps.

Toutefois, la hausse de la production de pétrole au Venezuela n’est aucunement garantie. Les États-Unis sont occupés à s’emparer de la flotte fantôme qui transporte une grande partie du pétrole vénézuélien, et ils semblent décidés à restreindre l’accès de la Chine (destination actuelle de près de la moitié des exportations de pétrole du Venezuela) à ce marché.

À long terme, on peut imaginer un scénario dans lequel le Venezuela parviendrait à restaurer une part appréciable de la production pétrolière qu’il a perdue. Toutefois, il est peu probable que cela se produise au cours des prochaines années, et encore moins au cours des prochains mois. Le processus s’échelonnera sans doute sur une période de 10 à 15 ans, et il dépendra de la stabilisation du pays et de l’injection de capitaux massifs pour relancer l’exploitation pétrolière (les estimations font état de 80 milliards, voire 183 milliards de dollars américains).

Étant donné le niveau relativement bas des prix du pétrole actuellement et la difficulté d’exploiter le pétrole lourd du Venezuela, il est peu probable que les sociétés pétrolières sauteront sur cette occasion. Peut-être les conditions changeront-elles au cours des prochaines années et verrons-nous une augmentation de l’offre de pétrole au Venezuela, ce qui ferait baisser les prix du pétrole et atténuerait l’inflation mondiale.

Le retour du pétrole vénézuélien représente une menace pour le Canada, car les deux pays sont en concurrence pour ce qui est de la demande et de la capacité de raffinage dans le golfe des États-Unis. Même si le Venezuela ne parvenait pas à augmenter considérablement sa production de pétrole au cours des prochaines années, sa production actuelle pourrait être redirigée de la Chine vers les États-Unis et remplacer une partie de ce que fournit le Canada. Par conséquent, le Canada doit renforcer ses efforts pour diversifier ses exportations d’énergie des États-Unis vers le Pacifique.

Autres considérations

Du point de vue des actifs à risque, de façon générale, les précédents actes de guerre (ou les interventions équivalentes) des États-Unis ont généralement fait baisser le marché boursier américain, mais dans une mesure étonnamment limitée – de quelques points de pourcentage tout au plus.

Cette dernière intervention des États-Unis engendre quelques risques géopolitiques. L’un de ces risques est que les États-Unis s’enhardissent. Ils ont ainsi proféré des menaces contre la Colombie, bien que la probabilité d’une invasion de ce pays soit plutôt faible. Les États-Unis parlent également de s’emparer du Groenland ou de l’acheter – un scénario plus plausible, mais qui risquerait d’ébranler l’OTAN.

Dans le cadre de sa politique étrangère nouvellement activiste, la Maison-Blanche menace aussi d’intervenir en Iran au cas où le pays réprimerait brusquement les nouvelles manifestations. Or, c’est ce que semble faire le gouvernement iranien. Nous avons toujours les risques habituels liés au pétrole et à l’escalade du conflit au Moyen-Orient. La situation en Iran devra être surveillée de près dans les prochaines semaines.

En outre, alors que les États-Unis exploitent leur puissance dans leur sphère d’influence, la Russie et la Chine pourraient être encouragées à faire de même dans leurs propres sphères, avec l’Ukraine et Taïwan comme cibles potentielles d’une escalade.

– EL

Essor technologique de la Chine

L’économie chinoise vacille, freinée par la faiblesse persistante du marché du logement, la prudence des consommateurs et le récent recul des dépenses en immobilisations (ce dernier point est abordé plus loin dans ce #MacroMémo).

Nous continuons de penser que les perspectives économiques du pays restent positives à long terme, car la Chine a non seulement démontré sa capacité à copier les technologies et meilleures pratiques existantes, mais aussi à innover. Dans bien des domaines, la Chine a fait preuve de ses capacités pratiques à l’échelle mondiale. Pour un pays classé seulement au 70e rang du PIB par habitant (sur une base ajustée selon la parité des pouvoirs d’achat), c’est un résultat extraordinaire qui met en lumière une importante marge de manœuvre pour faire croître les revenus rapidement à l’avenir.

Il est facile de perdre de vue la vitesse à laquelle la productivité s’améliore en Chine, en raison de la diminution de la population chinoise qui dissimule cette progression dans les chiffres du PIB global. Le PIB par habitant, qui donne une idée plus claire de la situation, continue de croître à près de 5 % par an, soit à peine moins qu’il y a dix ans (voir le graphique suivant).

L’indice des technologies critiques de la Harvard Kennedy School révèle que les États-Unis sont en tête dans les cinq catégories technologiques critiques pour l’avenir (voir le tableau suivant). Cependant, la Chine arrive au deuxième rang dans chacune de ces catégories. Certes, la Chine ne domine pas le classement, mais il est incroyable qu’un pays en développement soit actuellement en avance sur le plan technologique par rapport à la puissance collective de l’Europe, l’emporte sur le Japon et dépasse de loin tous les autres pays développés de la planète.

Les dépenses de recherche et de développement de la Chine en pourcentage du PIB ne sont pas particulièrement impressionnantes par rapport à celles des autres pays comparables, bien qu’elles augmentent régulièrement (voir le graphique suivant).

Toutefois, il ne faut pas occulter un point important en faveur de la Chine : compte tenu de son économie gigantesque, cette part de PIB relativement modeste représente néanmoins un énorme montant. Selon cette mesure, la Chine a déjà une bonne longueur d’avance sur tous les autres pays à l’exception des États-Unis, et semble sur le point de dépasser les États-Unis d’ici peu (voir le graphique suivant). La taille ou l’échelle a son importance lorsqu’il s’agit de faire progresser la frontière technologique.

Par conséquent, la Chine dépose actuellement plus de trois fois plus de brevets par an que les États-Unis (même si cette comparaison est imparfaite et assez flatteuse pour la Chine, car les mesures incitatives et les types de dépôt diffèrent entre les deux pays).  Le point à retenir est que la Chine pourrait ne pas rester éternellement derrière les États-Unis dans l’indice des technologies critiques.

D’un point de vue pratique, la puissance technologique grandissante de la Chine – sans être toutefois le chef de file mondial – lui permet de progresser rapidement dans la chaîne de valeur économique, en abandonnant les produits à faible valeur au profit de produits plus sophistiqués, différenciés et rentables.

Examinons rapidement plusieurs secteurs économiques clés dans lesquels la Chine s’impose de plus en plus à l’échelle mondiale.

Automobiles

Le secteur automobile chinois a connu un essor fulgurant au cours des dernières années, malgré les efforts déployés en Amérique du Nord, et dans une moindre mesure dans les autres pays, pour protéger leurs fabricants traditionnels de l’avancée rapide de la Chine. En seulement cinq ans, la Chine, qui était un acteur mineur dans les exportations mondiales de voitures, est devenue de loin le plus grand exportateur du secteur (voir le graphique suivant). Certes, les données mesurées sont imparfaites, car de nombreux pays, dont le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne, produisent des véhicules dans leurs marchés étrangers cibles, ce qui n’est pas pris en compte dans ce graphique.

Cela dit, les capacités de la Chine dans le secteur automobile sont indéniablement spectaculaires : la classe moyenne montante du pays s’équipe de véhicules et les achats de nouveaux véhicules sont désormais environ deux fois plus importants en Chine qu’aux États-Unis (voir le graphique suivant).

Le secteur automobile chinois s’oriente également de plus en plus vers la production de véhicules électriques. Les marques chinoises ont ainsi représenté 62 % des ventes mondiales de véhicules électriques en 2024. Tandis que ce segment gagne en popularité, la Chine dispose d’un avantage concurrentiel grâce à l’avance initiale qu’elle a prise, à sa position de chef de file sur le plan des technologies et de la production de batteries, dont nous discuterons ci-après, et de l’ampleur de sa demande intérieure. La demande intérieure de véhicules électriques de la Chine représenterait désormais plus de la moitié de toutes les ventes de véhicules automobiles neufs.

On estime également que la qualité de ses véhicules légers se serait nettement améliorée au cours des cinq dernières années, et rivaliserait désormais avec succès avec des marques établies depuis longtemps.

La prochaine étape de la production automobile chinoise sera sans doute l’implantation d’usines de montage dans ses principaux marchés étrangers, ce qui permettra à la Chine de contourner les droits de douane. Une accélération substantielle de la croissance serait donc envisageable.

Batteries

La Chine est le chef de file incontesté de la production de batteries, un secteur qui connaît une évolution rapide sur le plan technologique et qui revêt une importance stratégique compte tenu de l’essor des véhicules électriques, de l’omniprésence des téléphones mobiles et d’une multitude d’autres appareils portables, et du besoin croissant de stocker l’énergie du fait de la nature intermittente des nouvelles sources d’énergie, comme l’éolien et le solaire.

La Chine assure aujourd’hui plus des trois quarts de la production mondiale de cellules de batteries lithium-ion, et l’une de ses sociétés, CATL, représente à elle seule entre 35 % et 40 % de la production mondiale de batteries pour véhicules électriques.

En amont, le pays dispose également de solides chaînes logistiques et de capacités supérieures de raffinage pour de nombreux minerais critiques nécessaires à la fabrication des batteries, notamment le lithium, le graphite, le nickel et le cobalt.

Énergie solaire

L’énergie solaire est désormais la nouvelle source d’électricité la moins coûteuse au monde. En outre, le délai de construction d’une installation de production solaire est extrêmement court (utile pour répondre aux chocs sur la demande et l’offre d’électricité) et ce type d’installation peut être déployé à différentes échelles.

Les technologies relatives aux batteries susmentionnées résolvent le problème de l’intermittence (les panneaux solaires ne fonctionnent pas la nuit, et de manière non optimale par temps nuageux). En fait, le solaire, combiné à un système de stockage, constitue aujourd’hui une solution compétitive par rapport aux centrales de pointe au gaz (reconnues comme très coûteuses, mais qui jouent un rôle important pour répondre aux périodes de pointe de la demande d’électricité).

Par conséquent, la demande d’énergie solaire augmente rapidement à l’échelle mondiale. Le solaire représente plus de la moitié des capacités de production d’électricité nouvellement installées dans le monde.

La Chine est de loin le plus grand producteur mondial de panneaux solaires. Le pays a produit pas moins de 86 % des modules de panneaux solaires fabriqués dans le monde en 2024, et contrôle plus de 95 % de certains composants utilisés dans la filière amont. En outre, le pays consolide sa position dominante, puisqu’il abrite près de 95 % des nouvelles usines de panneaux solaires en construction en 2023.

La Chine est également le plus grand pays utilisateur d’énergie solaire, représentant environ 47 % de la capacité installée mondiale et environ 60 % des capacités nouvellement ajoutées en 2024.

Compte tenu de l’importance de l’électricité dans la réussite du lancement des modèles d’intelligence artificielle, toute avance dans le domaine des technologies de production d’électricité devient encore plus stratégique.

Robotique

La Chine est en passe de devenir le chef de file incontesté de la robotique industrielle, c’est-à-dire de l’utilisation de robots dans les usines.

Elle est le pays qui installe le plus de robots industriels, et même plus que tous les autres pays réunis selon des données récentes : 295 000 des 542 000 nouveaux robots industriels déployés en 2024. La Chine utilise actuellement entre 40 % et 45 % des robots industriels en service dans le monde. Si l’on rapporte ce chiffre au nombre de travailleurs, la Chine est également en train de rattraper, voire dans certains cas de dépasser, les puissances industrielles traditionnelles au sein des pays développés, comme le Japon, la Corée et l’Allemagne.

La Chine a mis en place des mesures incitatives pour faire de la robotique une priorité. Le pays est fortement orienté vers le secteur manufacturier et est parvenu à s’imposer à l’échelle mondiale en réduisant sans cesse ses coûts. Les robots sont devenus un facteur essentiel et durable pour dégager les économies de coûts nécessaires au maintien de ce modèle d’affaires. Compte tenu du déclin de sa population, la Chine tire un avantage plus important que la plupart des autres pays du remplacement de sa main-d’œuvre par du capital productif, comme les robots.

Le nouvel essor de la « fabrication dans le noir », ces usines qui nécessitent des interventions humaines minimes, est sans doute plus une pratique chinoise, pour des raisons similaires.

Intelligence artificielle

Certes, les États-Unis ont pris de l’avance dans le développement des grands modèles de langage, mais la Chine met les bouchées doubles. Elle a assurément marqué le coup, notamment avec le lancement de choc du modèle DeepSeek en janvier 2025. Celui-ci a démontré des performances similaires à celles des modèles occidentaux, quoiqu’à un coût de développement cent fois moins élevé et grâce à une approche « code source ouvert » qui promeut une collaboration au sein de la collectivité.

La Chine réduit son écart avec les modèles d’IA américains, à la fois dans l’ensemble (voir le graphique suivant) et en particulier en ce qui concerne le langage, le raisonnement, les mathématiques et le codage (voir le graphique suivant).

Semi-conducteurs

La Chine est à la traîne dans le secteur des semi-conducteurs. Du fait toutefois de sa perte d’accès aux puces occidentales haut de gamme et des priorités claires du gouvernement, le pays a mis les bouchées doubles pour tenter de rattraper son retard. Le pays a réalisé des progrès considérables dans la conception des puces, mais accuse un retard de plusieurs générations dans la fabrication de semi-conducteurs.

Produits pharmaceutiques

Le secteur pharmaceutique chinois commence à mettre fin à son mimétisme traditionnel en offrant maintenant des médicaments uniques – même s’il s’agit rarement, pour le moment, de traitements de premier choix ailleurs dans le monde. Une partie du problème tient au fait que les organismes de réglementation occidentaux ne font pas encore confiance aux normes d’approbation chinoises – dans certains cas à juste titre, car la rigueur clinique à ce stade avancé est toujours considérée comme inadéquate. L’autre problème est que la Chine n’est pas encore passée maître dans l’art de la commercialisation des médicaments, y compris le marketing nécessaire pour atteindre tant que le corps médical que les patients.

Le pays profite cependant d’un avantage considérable, celui de la rapidité, compte tenu du nombre énorme de patients et des moindres coûts des essais cliniques. Le délai nécessaire d’obtention de l’approbation d’un essai sur des humains est passé de 501 à seulement 87 jours au cours des dix dernières années. L’an dernier, les sociétés chinoises ont effectué un tiers des essais cliniques dans le monde. Cela suggère qu’un pipeline d’importants médicaments chinois finira par voir le jour.

La R&D pharmaceutique chinoise bénéficie maintenant d’une qualité assez élevée, surtout dans le domaine des médicaments contre le cancer et ceux issus du génie génétique, p. ex., les thérapies cellulaires et les médicaments à base d’anticorps.

On estime que la Chine pourrait bientôt commencer à jouer un rôle majeur d’envergure mondiale dans le secteur pharmaceutique. Elle pourrait y arriver sans pour autant évincer d’autres pays dans la même mesure que dans le secteur manufacturier traditionnel, compte tenu de la nature hétérogène du développement des médicaments et de la forte demande inexploitée de solutions médicales qui n’existent pas encore.

En résumé, les progrès technologiques de la Chine sont bien réels, et contribueront probablement à la prospérité économique du pays au cours des dix prochaines années et par la suite.

– EL

Les investissements dans l’IA continueront de stimuler la croissance en 2026

L’IA a grandement contribué à la résilience surprenante de l’économie américaine en 2025.

  • Les investissements dans les centres de données ont été le principal moteur des dépenses en capital des entreprises.

  • Les gains boursiers liés à l’IA ont soutenu les dépenses des ménages les plus fortunés.

  • L’adoption croissante de l’IA générative a probablement légèrement stimulé la productivité.

Ces facteurs devraient rester chacun favorables en 2026. Les marchés boursiers s’attendent généralement à une poursuite des rendements, quoique plus modérés, en 2026. De plus, les effets de richesse décalés provenant des gains antérieurs devraient constituer un facteur favorable durable. La croissance de la productivité augmentera probablement à mesure que les outils d’IA deviendront de plus en plus performants et leur adoption s’accélérera.

En ce qui concerne les investissements, les dépenses en capital des cinq grands fournisseurs de services en IA à grande échelle devraient s’accélérer pour atteindre 534 milliards de dollars en 2026, contre 400 milliards de dollars l’an dernier selon les estimations (voir le graphique). Bien que la croissance ralentisse en pourcentage, les montants d’investissement additionnels n’ont diminué que légèrement ; c’est ce qui importe pour stimuler la croissance du PIB.

En fait, l’estimation générale des dépenses en capital pourrait être prudente. Comme le montre le graphique ci-dessous, les prévisions pour les dépenses en capital des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle ont été régulièrement révisées à la hausse ces dernières années. Selon les dernières estimations, les dépenses en capital pour 2025 sont 45 % supérieures aux prévisions générales à la même période l’an dernier et elles sont deux fois plus élevées que l’estimation d’il y a deux ans. Bien que les attentes liées aux dépenses en capital pour 2026 aient déjà considérablement augmenté au cours de la dernière année, l’évolution récente montre que le risque distinct réside dans de nouvelles révisions à la hausse.

Les centres de données et autres investissements technologiques représentaient la majeure partie de la croissance des dépenses en capital des entreprises américaines au cours des trois premiers trimestres de 2025.

  • Les ordinateurs et le matériel périphérique représentaient les deux tiers de la croissance des dépenses du secteur des machines et du matériel des entreprises.

  • Les logiciels représentaient les trois quarts des investissements supplémentaires en propriété intellectuelle.

  • Les centres de données (les structures mêmes, à l’exception des processeurs graphiques, du matériel, etc.) ont connu la croissance la plus rapide de la construction non résidentielle. La construction de centres de données a triplé depuis le lancement de ChatGPT il y a trois ans et est en voie de dépasser les investissements dans les immeubles de bureaux et les entrepôts au cours des prochaines années (voir le graphique).

Les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle ont généralement été en mesure de financer ces investissements au moyen des flux de trésorerie d’exploitation, même si leur capacité à le faire est mise à rude épreuve malgré la forte rentabilité. L’an dernier, les cinq principaux fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle représentaient environ les deux tiers des flux de trésorerie d’exploitation, contre 50 % en 2024. Cette année, les dépenses prévues s’élèveraient en moyenne à trois quarts.

Par conséquent, ces sociétés recherchent d’autres sources de financement, notamment sur le marché des obligations de sociétés. Nous avons calculé que les cinq grands fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle ont émis des obligations d’un montant brut supérieur à 100 milliards de dollars l’an dernier. La plupart de ces obligations ont été commercialisées au quatrième trimestre (voir le graphique). Voilà une augmentation qui a plus que quintuplé par rapport à 2024.

On s’attend à une nouvelle hausse importante des émissions cette année. J.P. Morgan a déclaré que les secteurs liés aux dépenses en capital dans l’IA et les centres de données représentent maintenant 15 % de son indice des sociétés américaines de catégorie investissement, soit plus que les banques américaines.

Les nouvelles émissions ont été absorbées relativement facilement par un marché avide de titres de créance de qualité élevée, même si les écarts se sont légèrement creusés. C’est le cas notamment pour Oracle, dont les investissements dépassent allègrement sa trésorerie actuelle et dont la cote de crédit se situe dans le bas de la catégorie investissement.

D’autres options de financement, y compris des titres de créance privée, sont également envisagées et devraient constituer une source de financement clé à mesure que se poursuit l’essor des centres de données liés à l’IA.

Sans savoir si toutes ces dépenses finiront par générer un rendement suffisant, nous pensons que les dépenses en capital liées à l’IA demeureront un moteur important de la croissance économique en 2026. Les investissements dans l’IA ont contribué dans une fourchette de 0,5 % à la croissance du PIB en 2025 et pourraient avoir un apport similaire cette année.

- JN

Le fardeau des droits de douane retombe sur les sociétés américaines

Les douanes américaines ont perçu un revenu record des droits de douane de 287 milliards de dollars en 2025, soit près du triple des revenus de l’année précédente. Le taux effectif des droits de douane à l’importation s’est établi à 11 % en octobre. Il était en moyenne de 7,3 % au cours des dix premiers mois de l’année, soit 5 points de pourcentage de plus qu’en 2024.

Les coûts liés aux droits de douane ont été le principal moteur du regain de l’inflation des biens de base. Leur progression a atteint environ 1,5 % au cours des derniers mois, alors qu’elle était nulle au début de l’année et de -1 % en 2024. Quoi qu’il en soit, cette pression à la hausse n’a pas été aussi intense que prévu (voir le graphique suivant). Une étude récente de la Fed a révélé qu’en août 2025, environ 35 % seulement des hausses de prix prévues à cause des droits de douane s’étaient concrétisées dans les données sur l’inflation des dépenses personnelles de consommation.

Nos propres calculs approximatifs, fondés sur l’inflation des dépenses personnelles de consommation et les données sur les prix à l’importation jusqu’au mois de septembre, révèlent également qu’environ un tiers des coûts liés aux droits de douane a été répercuté sur les consommateurs sous forme de hausse des prix des biens. Nous pensons que les entreprises nationales ont absorbé environ la moitié des coûts liés aux droits de douane, tandis que le solde a été réglé par les exportateurs étrangers (du fait de la chute des prix à l’importation aux États-Unis). Goldman Sachs est également d’avis que les entreprises américaines ont absorbé environ la moitié des coûts liés aux droits de douane jusqu’à présent.

La répercussion limitée des coûts sur les consommateurs ne fait pas qu’atténuer l’incidence de l’inflation, elle réduit aussi les répercussions négatives sur l’économie américaine. Il y a deux raisons principales à cela.

  1. Bien que les exportateurs étrangers n’absorbent qu’une modeste partie des coûts liés aux droits de douane, les résultats sont nettement supérieurs aux prévisions, étant donné que des études antérieures montrent que les coûts sont entièrement répercutés sur les prix à l’importation.

  2. La répartition des coûts liés aux droits de douane à l’échelle nationale est également importante. Les modèles économétriques attribuent généralement un multiplicateur budgétaire à court terme (c.-à-d. une incidence économique) plus élevé aux recettes fiscales tirées des particuliers par rapport à celles tirées des sociétés. On pense en effet que les dépenses de consommation réagissent habituellement plus rapidement aux changements fiscaux que les investissements et l’embauche des entreprises.

Dans le passé, nous avons déjà émis l’idée que l’imposition de droits de douane constituait une augmentation fiscale moins efficace, quoique réalisable sur le plan politique. À l’heure actuelle, ces droits de douane semblent avoir fait office d’augmentation d’impôt plus sur les intrants des entreprises que sur les ventes aux consommateurs. Voilà un effet qui pourrait atténuer le choc économique.

Plus précisément, au cours des trois premiers mois de l’exercice en cours (d’octobre à décembre 2025), les droits de douane ont généré des recettes de 91 milliards de dollars, soit plus que les 81 milliards de dollars provenant de l’impôt des sociétés (voir le graphique). Il s’agit d’un changement majeur par rapport à l’année précédente, où ces chiffres s’élevaient respectivement à 21 milliards de dollars et 109 milliards de dollars.

Même si de ce point de vue, le fardeau fiscal des sociétés semble avoir été allégé, nous estimons qu’en tenant compte des droits de douane payés par les sociétés nationales, ce fardeau a augmenté en réalité.

Nous continuons de penser que les droits de douane pourraient encore être répercutés sur les consommateurs à mesure que les droits de douane élevés actuels s’enracinent, que les stocks sont reconstitués et que les entreprises sont contrariées par une compression soutenue des marges. L’inflation et l’économie devraient être un peu plus touchées en 2026. Dans l’ensemble, toutefois, l’incidence des droits de douane sur la croissance et l’IPC pourrait être ultimement moins importante que ce que les modèles avaient laissé initialement entendre.

- JN

Ralentissement des investissements en Chine

La Chine semble avoir atteint son objectif de croissance du PIB de 5 % en 2025, malgré une certaine perte de vitesse au fil de l’année. Plus particulièrement, les investissements en immobilisations ont fortement ralenti au second semestre de l’année (voir le graphique) et se sont probablement contractés sur une base annuelle pour la première fois depuis la fin des années 1980.

Cette baisse est en partie attribuable aux problèmes bien connus du secteur immobilier du pays, dont nous avons discuté dans un récent #MacroMémo. En effet, les investissements immobiliers ont chuté de 16 % d’une année sur l’autre en 2025 (cumul annuel jusqu’en novembre) et ont considérablement freiné l’ensemble des investissements en immobilisations.

Mais ce n’est pas tout ; les investissements en infrastructures sont aussi en voie de fléchir en 2025, et la croissance des investissements dans le secteur manufacturier a considérablement ralenti (voir le graphique).

Le ralentissement des investissements en infrastructures est en quelque sorte un effet secondaire du repli du secteur immobilier au pays. En 2025, les revenus du gouvernement provenant de la vente de terrains résidentiels ont chuté de 65 % par rapport à leur sommet de 2020. Cette baisse s’est ajoutée aux difficultés financières des administrations locales lourdement endettées et a limité leur capacité à financer des dépenses en infrastructures. Les efforts de relance du gouvernement central ont été davantage axés sur la stimulation de la consommation. Une partie des fonds a été affectée à l’assainissement des bilans des administrations locales (par swap de dettes) plutôt qu’à l’investissement dans de nouvelles infrastructures.

Le recul des investissements dans le secteur manufacturier est un symptôme de la surcapacité industrielle qui a contribué à la chute des prix à la production et plombé la rentabilité. Sans surprise, les secteurs ayant des capacités excédentaires croissantes, comme les produits chimiques et les produits pharmaceutiques, ont enregistré la plus forte baisse des investissements en immobilisations.

La forte concurrence dans certains secteurs, qualifiée d’« involution », dont il a été question dans un numéro précédent du #MacroMémo, a également pesé sur la rentabilité. Les bénéfices du secteur industriel sont demeurés stables en cumul annuel jusqu’en novembre, après s’être contractés au cours de chacune des trois années précédentes. Rien qu’en novembre, les bénéfices ont chuté de 13 % d’une année sur l’autre (voir le graphique).

La rentabilité et les marges peu élevées limitent et découragent les nouveaux investissements, tandis que la pression anti-involutionnaire visant à restreindre la concurrence excessive et la surcapacité freine également les dépenses en immobilisations. Ce recul des investissements touche toutes les régions, les administrations locales n’ayant apparemment pas mis en œuvre les mesures incitatives visant à attirer de nouvelles usines.

Il y a tout de même quelques points positifs. Les investissements dans la fabrication de pointe, l’énergie propre et les infrastructures technologiques continuent d’augmenter. Entre-temps, les investissements en R-D n’ont cessé d’augmenter en proportion du PIB, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Selon la valeur globale en dollars (ajustée selon la parité des pouvoirs d’achat), les dépenses chinoises en R-D ont presque comblé l’écart par rapport aux États-Unis.

Le pays connaît également une forte croissance des investissements liés à l’IA. Selon Goldman Sachs, les fournisseurs de services infonuagiques chinois ont augmenté leurs dépenses en immobilisations d’environ deux tiers en 2025, ce qui est comparable au rythme de croissance observé aux États-Unis. Cela dit, les principales sociétés de l’Internet devraient investir 70 milliards de dollars dans l’IA en 2026, ce qui ne représente qu’une fraction du total des États-Unis.

Le ralentissement des investissements en immobilisations au second semestre de 2025 pourrait avoir été une correction excessive, le gouvernement ayant peut-être suspendu le soutien politique alors que la croissance semblait en voie d’atteindre sa cible de 5 %. De nouvelles mesures de relance sont attendues en 2026, alors que les émissions d’obligations d’État sont en hausse. Le soutien aux ménages et aux dépenses de consommation devrait demeurer une priorité, mais les efforts visant à stimuler les prêts bancaires et à encourager les dépenses en immobilisations des entreprises pourraient soutenir les investissements.

Dans l’ensemble, nous pensons qu’un autre déclin annuel des investissements en immobilisations sera évité en 2026, bien qu’il soit difficile d’anticiper un rebond important en raison des vents contraires soufflant actuellement sur le secteur de l’immobilier et du peu d’attention politique accordée aux investissements traditionnels dans les infrastructures. Des investissements supplémentaires dans les industries de pointe et l’innovation sont néanmoins probables, ce qui pourrait aussi donner un coup de pouce appréciable à la croissance de la productivité chinoise.

- JN

La croissance démographique du Canada est au point mort

Les efforts du gouvernement canadien pour plafonner la croissance démographique en restreignant le nombre de résidents temporaires produisent l’effet escompté. La population du pays s’est contractée pour la première fois depuis la fin de la guerre, avec un recul net de 76 068 personnes (-0,2 %) au troisième trimestre de 2025. Cela compense les légers gains enregistrés au cours des deux trimestres précédents, et maintient la population du Canada à 41,6 millions de personnes depuis le début de l’année.

La baisse s’explique par les départs nets continus (176 000) de résidents temporaires. La part de ceux-ci dans la population totale est passée d’un sommet de 7,6 % un an plus tôt à 6,8 %. Le gouvernement a l’intention de réduire cette part à moins de 5 % d’ici la fin de 2027 (le précédent échéancier était fixé à la fin de 2026). Cela signifierait que les départs nets de résidents temporaires s’établiraient en moyenne à un peu moins de 100 000 personnes par trimestre au cours des deux prochaines années.

La baisse nette du nombre de résidents temporaires est principalement attribuable aux titulaires de permis d’études, dont environ la moitié détenaient également un permis de travail (p. ex., les étudiants étrangers dans des programmes coopératifs). Environ la moitié des résidents temporaires détiennent seulement un permis de travail, et leur nombre diminue progressivement. Les titulaires de permis d’études sans permis de travail sont généralement autorisés à travailler à temps partiel (un peu plus du tiers d’entre eux le font), mais la concentration d’étudiants dans les départs de résidents temporaires laisse croire que l’incidence sur la population active n’est pas aussi importante que le ralentissement global de la croissance démographique.

Contrairement aux départs de résidents temporaires, le nombre de résidents permanents a augmenté d’un peu plus de 100 000 personnes, un rythme semblable à celui des derniers trimestres et en bonne voie d’atteindre (voire de dépasser) la cible du gouvernement de 395 000 admissions en 2025. Cette cible sera fixée à 380 000 par an au cours des trois prochaines années, avec une prédilection croissante pour les immigrants économiques (par opposition aux familles et aux réfugiés).

La croissance démographique naturelle s’est limitée à 18 000 personnes au cours du trimestre. Le taux de fécondité canadien a reculé à 1,25 enfant par femme en 2024, un niveau nettement inférieur au « taux de remplacement » de 2,1 requis pour stabiliser la croissance de la population en l’absence d’immigration. Le Canada s’inscrit ainsi parmi les économies avancées caractérisées par une fécondité « extrêmement faible » (moins de 1,3).

À la lumière des objectifs d’immigration du gouvernement, il est peu probable que les reculs démographiques deviennent la norme. Cela dit, la croissance à court terme devrait rester très modeste, tant d’un point de vue historique qu’en comparaison avec le rythme observé ces dernières années. Par conséquent, le pays ne pourra plus compter sur l’expansion de la population active pour soutenir la croissance économique, comme ce fut le cas au cours de la dernière décennie (voir le graphique).

Il est donc d’autant plus important de miser sur la productivité, en tirant plus de la main-d’œuvre actuelle. Les révisions des données montrent que les performances récentes ne sont pas aussi catastrophiques qu’on le croyait, mais la tendance reste loin d’être enthousiasmante. Et avec un investissement des entreprises en berne, dans un contexte d’incertitude liée aux politiques commerciales (les investissements réels en machines et équipements ont atteint un creux en huit ans au troisième trimestre de 2025, hors période pandémique), un rebond semble peu probable à court terme.

Cela dit, les nouveaux avantages fiscaux destinés à encourager les investissements privés, combinés à un cadre réglementaire plus propice aux affaires, devraient se révéler bénéfiques. Nous anticipons par ailleurs une diminution de l’incertitude commerciale en 2026, l’accord commercial ACEUM devant rester en place après les renégociations, mais sous une forme moins axée sur le libre-échange.

Comme nous l’avons évoqué dans notre précédent #MacroMémo, l’IA pourrait fortement accélérer la croissance de la productivité au cours des dix prochaines années, et il est possible qu’elle contribue déjà à celle des États‑Unis. Certes, le Canada adopte l’IA plus lentement, mais son usage y augmente, ce qui pourrait soutenir la productivité dans les prochaines années.

À court terme, il est peu probable que les gains de productivité compensent entièrement la faiblesse de la croissance démographique. L’économie canadienne devrait donc progresser plus lentement (non inflationniste) qu’au cours des dernières années.

- JN

 

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